Il était une fois…

Il était une fois, une galga :

 
Je suis née en Espagne et, je suis née Galga…..
 
Je vis dans une cave nauséabonde et je suis exploitée pour faire des bébés mais , tellement de bébés, que mon lait ne les nourrit pas assez. On me prend mes bébés, je n’ai pas assez de force pour les en empêcher, je ne les revois jamais et ne sais pas ce qu’ils deviennent. Mais, à entendre mes petits pleurer et crier, je sais qu’on ne leur donne rien de bon …..je pleure de tant de souffrance et, à nouveau, on me fait faire des bébés….encore et, encore !
 
Et puis, un jour, Il vient me chercher et m’oblige à le suivre à coups de pieds ! je vois, pour la première fois, le ciel et sens le soleil sur ma peau si fine……
Mes petits, pourquoi restent-ils là ? Laissez-moi mes bébés….je ne veux pas y aller…alors Il me bat encore plus et me donne un grand coup de pelle sur les pattes avant….
Je tombe a genou, je ne sens plus mes bras tant la douleur est vive et forte.
Il me jette dans sa voiture et, après avoir roulé et roulé, s’arrête, ouvre la porte, et me jette si fort dehors que je roule jusque dans le fossé……mes pattes avant sont cassées, je ne peux courir derrière la voiture
 
La nuit tombe, je suis seule et ne peux pas encore bouger…j’ai si mal…
Ho ! j’ai faim , oui, je n’ai pas mangé depuis plusieurs jours si ce n’est ce croûton de pain sec que l’on m’a jeté quand je nourrissais mes petits mais, je connais la faim, ce n’est pas le plus terrible.
 Bien sûr, j’ai froid aussi, c’est l’hiver encore et le fossé est humide mais, il a quelque chose de confortable ce fossé !
 
Le plus terrible, c’est cette douleur aux pattes, je n’arrive plus à me mettre debout.
Mes bras sont bizarres et lorsque j’essaye de me lever, je tombe sur le nez……..Que m’arrive t’il ?…j’ai si mal !
Je vais rester allongé ici, je vais m’endormir et m’en aller en douceur, au pays où il fait bon rêver….
 
Des chuchotements me réveillent, j’ai peur……. que va-t-on me faire encore ???
Une main s’avance vers moi et je ferme les yeux pour amortir le choc, je n’ai plus de force pour fuir mais…..pas de coup cette fois….
La voix me dit qu’on va m’emmener et me soigner, la main me caresse tout doucement , me porte et m’emmène dans un endroit où il y a beaucoup de galgos et galgas, comme moi !!
 
Que c’est agréable de se faire soigner, je n’ose pas bouger. Bientôt je vais pourvoir courir, mais, maintenant que je tiens debout, je suis enfermée dans une cage avec d’autres chiens……
J’ai compris, je suis dans un « refuge » Cet endroit où on nous protège, nous soigne, nous nourrit et, un jour, quelqu’un nous emmènera dans un pays où il fait bon vivre pour nous, los galgos que nous sommes…..un pays où nous ne serons plus battus …un pays où nous serons submergés de caresses et de baisers….Oui, oui, çâ existe dans ce pays. Ici…. ils nous le disent sans cesse !
 
Mes copains de cellules partent les uns après les autres, d’autres arrivent. La voix me dit qu’un jour, mon tour viendra, que quelqu’un me trouvera jolie et m’emmènera et que moi aussi on m’aimera et on me caressera !
Alors, j’attend, même si, petit à petit, je me désespère de voir mon tour venir, j’attend patiemment, gentiment…..
 
Mais, personne ne vient pour MOI, la Galga…..je reste des mois, des années dans cette cage d’où je vois le défilé des départs de mes compagnons d’infortune.
Pourquoi pas moi…..qu’ai-je fait pour que l’on m’ignore aussi longtemps……. ????
 
Je vis désormais au fond de mon box, je ne bouge même plus lorsque quelqu’un passe ou vient chercher un de mes congénères…..j’ai compris que je ne partirai jamais de ce pays !
Je suis si triste , j’aurai tellement espéré être aimée…..
 
Et oui, je les entend parler, je SAIS que je vais mourir ici, en Espagne, dans cette cage où jamais je n’aurais connu l’amour d’un maître, la douceur d’un foyer….les balades en famille, le confort d’un panier, la chaleur d’une couverture !!
Je ferme les yeux, je suis si fatiguée que je n’arrive plus à rêver de tout ça, ni même à l’espérer….
 
Je sais pourquoi je suis ici depuis tant d’années maintenant….
Il parait que je suis pourtant jolie, que j’ai l’élégance d’un beau lévrier, l’allure fière, que j’ai une jolie robe bien brillante mais, ma robe est…..noire !
Je sais que personne ne veut des galgas et des galgos avec cette couleur de pelage….….
POURQUOI ?? qu’avons-nous de si terrible ???
Nous les gentils lévriers, la couleur de notre robe ne change en rien notre caractère : nous sommes doux et gentils que nous soyons roux, blanc ou noir….nous adorons vos caresses, votre main frôlant notre peau ; vos lèvres , toutes douces ,se posant délicatement sur notre tête : que ça doit être bon !
 
Je suis pourtant très gentille, obéissante, câline, j’ai mes deux pattes avant qui se sont bien ressoudées et je peux marcher et courir, en compagnie d’un maître jusqu’au bout du monde s’il le veut….
Je lui serais reconnaissante à tout jamais de m’avoir donné un petit coin de paradis.
 
Mais moi, la Galga noire, je n’ai pas droit au paradis …parce que je suis noire.
Je suis venue au monde en enfer, c’est là que je vis et, c’est en enfer que je vais mourir…..
 A croire que je suis née pour souffrir seule et mourir………. seule aussi
 
S’il vous plait, regardez moi, posez votre regard sur moi, donnez moi l’espoir de connaître le bonheur avant de quitter cette terre de souffrance.
S’il vous plait, regardez moi, donnez-moi une chance, une toute petite chance……….adoptez- moi !!
 
Mais voilà, personne ne veut de moi…simplement parce que je suis un lévrier noir.
 
Je suis née en Espagne, je suis née Galga et je suis née Noire !
 
Texte écrit par Fabienne Verbauwem.
Il est strictement interdit de modifier ce texte sans l’accord de l’auteur et ce , de quelque manière que ce soit.
 
 
 

Quelques lévriers noirs sur lesquels….. un regard s’est posé :

9 réflexions au sujet de « Il était une fois… »

  1. Je trouve au contraire que ces Galgos noirs sont vraiment splendides, ils sont MAJESTUEUX ( pour moi un cheval noir est plus joli qu'un cheval marron, question de goût)  et l'on voit bien sur cette couleur que les poils sont reluisants!!!!!

  2. ce texte est tres emouvant et combien vrai!
    j ai un coup de coeur particulier pour les galgos noirs …. demunis parmi les demunis car personne justement ne les regarde
    et pourtant …. ils sont spendides ,une fois entour

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